T@ctique du Diable : « Toujours tu chériras l’amer »


Voici le courrier envoyé par le Diable à son neveu apprenti-démon, à propos du piège de la jalousie.


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La jalousie, mon neveu, ça se «travaille dès le berceau. Tout commence dans le regard.
Que parents de ton client le comparent avec d'autres enfants :
« Si tu étais gentil comme ton ami, tu serais plus souvent invité à des goûters d'anniversaire».
Essaie aussi avec les compliments, c'est très efficace :
« Heureusement, tu n'es pas comme ton paresseux de frère ».
Ainsi ton client ne cherchera pas à être lui-même, mais simplement à ne pas être...
comme son frère.

Et ça continue à l'école! Ces rentrées scolaires, quel régal :
les parents se ruinent; les enfants ruminent...
en lorgnant les Pokémons sur la trousse du voisin.
Que les parents à table dénigrent les voisins, se comparent aux cousins, et renforcent l'enfant dans sa conviction qu'il faut être plus fort, plus intelligent, plus riche que les autres.
A l'âge adulte, donne-lui quelques modèles impossibles à suivre.
Finie l'ère des saints, vive les génies! Si ton client est musicien, montre-lui ce que Mozart a composé à 12 ans
- sans parler du nombre de langues qu'il pratiquait!
Mate les top models!
J'ai réussi à faire croire à toute la planète que ces créatures ont le corps parfait que les femmes doivent toutes avoir et que les hommes sont en droit de désirer.
On croit que le premier risque est la luxure; non, c'est la jalousie.

Le regard, te dis-je. Sais-tu la différence entre les hommes et les femmes ?
Les hommes regardent les femmes et les femmes regardent... les femmes.
Et se jalousent. Ne t'inquiète pas: c'est devenu une telle habitude qu'elles ne se rendent plus compte.

La jalousie est un joujou à manier avec doigté.
Tu peux mener ton client à la dépression, mais fais attention:
tous les psys n'ont pas oublié que la jalousie en est une des causes.
Conduis-le alors chez un médecin pressé qui se contentera de lui prescrire des médicaments, sans chercher à approfondir les raisons profondes de son mal.
Le mieux, c'est que tu lui ménages des moments de pause.
Cela le maintiendra dans l'illusion. Qu'il passe ses vacances loin de cette belle-famille à qui tout réussit.
Qu'il trouve sa jouissance à s'occuper de personnes dans le besoin, mais comble son amour-propre en t'arrangeant pour ce que ce soient des loosers perpétuels.

Que ton client donne de faux noms à sa jalousie: ambition, émulation, altruisme.
Fais-en un militant qui confond rage et courage, revendication et passion, authenticité et vérité.
Bref, un amer qui se croit généreux et ouvert, car il noie son ressentiment dans l'activisme et ne fréquente que ceux qui pensent comme lui.
Je suis très content d'avoir transformé le détestable «Aimez-vous les uns les autres» en :
« Envieux de tous les pays, unissez-vous !».
Faut-il te dire que ton client doit à tout prix éviter de parler de ses problèmes avec le prêtre qui le confesse ces tristesses, c'est du sentiment, pas du péché; ces hargnes, c'est de la politique, pas de l'éthique; cette dépression latente, cela ne regarde que le psy; etc.

Une autre victoire est d'avoir réduit ce péché à la jalousie amoureuse, qui peut passer pour noble.
Alors que toi et moi, nous savons bien qu'elle peut tout infecter.
Ne désire-t-on pas d'autant plus une femme qu'un autre la désire? Et quelle meilleure recette pour gâcher la convivialité d'un repas qu'un regard concupiscent dans l'assiette du voisin ?
Ne te contente pas d'attrister ton client.
Transforme progressivement sa jalousie en haine et en destruction.
Pour cela, qu'il ait toujours une bonne raison pour justifier sa hargne et ses critiques.
Si tu te débrouilles bien, un jour, il ne sera plus qu'une triste chose, entre ressentiment et désespoir.
Alors, tu seras très près du succès.

Mais, fais attention : je suis très jaloux de ceux qui réussissent mieux que moi ... » E-Mailzebuil